Wikibioscope : participez !

Un projet de promotion de la biologie auprès des jeunes et du public, qui n’attend plus que votre participation.

WIKI Bioscope


http://webapps.fundp.ac.be/umdb/wik...
Un article d’Isabelle Motte, Guillemette Lauters, Mélanie Lecomte, Daniel Rousselet, Eric Depiereux
Unité de Méthodologie et de didactique de la Biologie (UMDB), Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix – Namur

Quand une exposition passe du réel au virtuel…


L’an 1 de ce millénaire, aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix, une exposition dédiée aux grandes découvertes de la Biologie fut le fruit d’une collaboration entre des laboratoires universitaires et une quinzaine d’établissements d’enseignement secondaire. Pendant près d’une année scolaire, des professeurs du secondaire et de l’enseignement supérieur pédagogique ont préparé un stand, sous l’égide de l’Unité de Méthodologie et de Didactique de la Biologie (UMDB). Les personnes impliquées ont réussi à créer un partenariat d’un genre nouveau,où le génie créatif de l’élève et du prof s’est associé à la rigueur des spécialistes des laboratoires de recherche. Les deux se sont complétés pour offrir au public une exposition à la fois captivante et validée scientifiquement.
Pour conserver une trace d’une exposition trop éphémère, les organisateurs ont créé un site Web http://www.fundp.ac.be/bioscope dont ils ne pressentaient pas le succès. En effet, depuis 2001, le site du Bioscope reçoit environ 150.000 visites par an, 40 % de Belgique et de France, et 60% du reste du monde.

Introduire le jeune à la beauté de l’expérience clé


Les petits pois de Mendel, les pinsons de Darwin, le scaphandre autonome de Cousteau, la prodigieuse organisation des acides nucléiques et des protéines, le destin remarquable de Frederick Sanger, deux fois le Prix Nobel de chimie (1958 et 1980) : l’histoire de ces découvertes ne représentent-elles pas une prodigieuse épopée, susceptible d’enthousiasmer le jeune et de stimuler sa curiosité intellectuelle ?
Sur le Bioscope, les grandes étapes de la conceptualisation de la Biologie sont replacées dans leur contexte historique par une galerie illustrée des protagonistes dont l’Histoire a retenu le nom : outre les Buffon, Darwin, Mendel et autre Pasteur, le visiteur découvre le Huguenot Olivier de Serres, père de l’agronomie française, René-Antoine Ferchault de Réaumur célèbre pour ses travaux sur la digestion, Alexander von Humboldt géographe des plantes, ... et bien d’autres qui les conduisent jusqu’aux découvertes récentes de Melvin Calvin, Jacob et Monod, Watson et Crick ou Christian De Duve.

Comment participer ?


L’édition de documents sur le Web fut au départ une technologie assez lourde, et le Bioscope est de ce fait resté un site statique. Encore incomplet, certainement perfectible. Les progrès logiciels permettent aujourd’hui de déposer des contenus de façon beaucoup plus conviviale, et l’UMDB a pris l’initiative de développer une nouvelle version du site, le WIKI- Bioscope.
Ce site a pour vocation de recevoir de nouvelles fiches, et d’y organiser des parcours didactiques thématiques. Aujourd’hui structuré sur la seule ligne du temps, il devrait permettre de relier le fil des évènements relatifs à la compréhension de l’évolution, de la biologie moléculaire, des équilibres écologiques, de la santé…
Fondé sur une technologie proche de celle de l’encyclopédie participative WIKIPEDIA, dont le succès est fulgurant, le WIKI Bioscope s’en distingue par son principe d’édition. Pour une meilleure visibilité, les classes qui y développeront un contenu seront invitées a s’identifier par le logo ou l’appellation de leur institution. De plus, le contenu déposé attendra la validation d’un éditeur pour être mis en ligne. Le but est de permettre au site de se diversifier sans perdre sa spécificité.
Plusieurs modes de participation s’ouvrent à vous : avec votre classe, développer et déposer un contenu nouveau, vous-mêmes, devenir un des éditeurs du site, ayant la prérogative de critiquer les contenus et d’autoriser leur publication sur le net.

Pour en retirer quoi ?


Nombreux sont les profs et les élèves qui dépassent le cadre du programme et des horaires de cours à l’occasion d’un challenge particulier. Un concours comme celui des Jeunesses scientifiques de Belgique ou une exposition ou simplement un challenge de classe sont l’occasion de réaliser un projet concret qui mobilise leur créativité. Mais ces réalisations parfois remarquables ont souvent un impact local et leur durée est éphémère.
Le Wiki-Bioscope offre une visibilité nouvelle à ces initiatives. Un lien peut être créé sur le site de l’école. Les élèves peuvent visiter le site de chez eux, avec leur parents. Des centaines de visiteurs de par le monde peuvent profiter de l’information pendant des années.
Les jeunes sont très branchés sur la communication. Ils ont investi le Web et passent des heures au clavardage suivant une expression fleurie dont les canadiens ont le secret. Investir le Web dans le cadre d’une démarche intellectuelle et créative, y laisser une trace durable ne permettrait il pas de joindre l’utile à l’agréable ?
Bénéficier des réalisations des autres et les critiquer représente aussi une application du Wiki-Bioscope. De plus en plus souvent, la Webographie supplée ou remplace la bibliographie. Ceci n’a pas que des avantages car le jeune a tendance à prendre l’information sur le Web pour argent comptant, sans exercer assez son esprit critique. Faire la démarche de valider un contenu avant de le déposer, affronter la relecture d’un référée, recevoir son aval ou ses critiques, critiquer à son tour le contenu d’une page et interpeler son éditeur nous semble des démarches importantes et formatrices.

L’initiation du public à la biologie : une priorité !


S’initier à la Biologie n’est pas un luxe. Depuis la fin du siècle passé, cette science jadis associée à l’idée d’herbiers ou de chasse aux papillons brigue le haut de l’affiche de tous les média : la Biologie se présente comme la science vedette de l’avenir.
L’alimentation bio a pris pignon sur rue dans les supermarchés. Les biocarburants sortent de l’indifférence sceptique. L’annonce de la publication du génome humain eut une portée symbolique qui atteint probablement celle de la conquête de la Lune. Du sommet de Rio au protocole de Kyoto, il n’est plus possible aujourd’hui d’envisager la gestion économique de la planète sans se référer à l’écologie. Au départ lobby de doux rêveurs, cette approche s’est développée de manière spectaculaire depuis les années septante, en intégrant dans sa globalité l’ensemble du vivant et ses relations avec le milieu.
Dès le 19° siècle, des modifications fondamentales de notre réalité quotidienne sont attribuables à des avancées prodigieuses de cette science : la "pasteurisation" et la vaccination (Louis Pasteur 1822-1895) ne sont-elles pas les facteurs déterminants de l’augmentation vertigineuse de la population humaine ? Cinquante ans plus tard, la maîtrise du taux de fécondité (Grégory Pincus 1903 -1967) n’est-elle pas l’une des clés essentielles de la profonde mutation sociale et culturelle induite par le monde occidental ?
Toute médaille a cependant son revers. Après les fabricants de pesticides et les artisans du nucléaire, le biologiste apparaît aujourd’hui comme le nouvel apprenti sorcier de la planète. La méfiance du grand public se nourrit de la médiatisation de dossiers inquiétants : les amalgames aidant, Sida, OGM et autres vaches folles sont perçus comme les calamités dues, suivant certains articles, à des vaccinations intempestives, des manipulations génétiques inconscientes...
Mais force est de constater le déficit de formation en Biologie de la majorité des gens, même parmi les plus diplômés. Une enquête opérée sur les lecteurs de « la Recherche » fait apparaître que 95% des personnes interrogées se prétendent "non mangeurs de matériel génétique", confondant allègrement les OGM et les végétaux et animaux que nous mangeons depuis l’aube de l’humanité, qui contiennent, de toute évidence une bonne part de matériel génétique ! L’ignorance est un terrain propice au retour à l’obscurantisme, cancer de la démocratie. Par exemple, les thèses créationnistes connaissent un regain de popularité, notamment sous l’influence du néo-créationnisme musulman : 75 % des lycéens turcs ne croient pas à la théorie de l’évolution. Et en 2005, 38 % des Américains veulent que la théorie de l’évolution ne soit pas enseignée dans les écoles publiques (http://fr.wikipedia.org/wiki/Créat...).
Ce déficit d’information est d’autant plus inquiétant que les choix sociétaux des prochaines décennies vont impérativement devoir tenir compte de la biologie : développement durable, biodiversité, équilibres biologiques, manipulations génétiques… Si le débat démocratique est souhaitable, l’ignorance des concepts fondamentaux est telle, qu’il y a fort à craindre que les positions s’avèrent émotives, arbitraires, ou téléguidées par des lobbies plus ou moins occultes.

En pratique


Nous vous invitons à nous faire part de votre réaction, positive ou négative, vos remarques, votre intérêt à déposer un jour un projet ou à devenir un des éditeurs du site. Le site présente une rubrique Vos impressions accessible via la menu principal qui vous permet de nous laisser vos commentaires.