Congrès et biodiversité

2010 année de la biodiversité ! C’est en toute logique que le Congrès pluraliste des sciences s’inscrit dans cette démarche. Il aura pour thème « Des nanoparticules aux continents, la biodiversité dans tous ses états ».
La biodiversité ne concernerait-elle que les biologistes ? Non, elle a bien sa place dans un congrès multidisciplinaire. En effet, plus que jamais la biodiversité est affaire de tous. Aujourd’hui, nul ne peut ignorer sa fragilité et les enjeux de sa réduction. Pensez au chimiste qui voit des milliers de molécules disparaitre avant même qu’il n’ait le temps d’étudier leurs propriétés pharmaceutiques, ou au physicien qui s’inspire des nanostructures offertes par la nature. Sans oublier le géographe qui voit s’altérer des paysages et des biotopes complets avec les conséquences dramatiques sur les populations locales. Et le biologiste bien sà »r qui quelque part culpabilise d’avoir étiqueté, analysé, décortiqué sans pouvoir protéger efficacement son environnement.
 
L’urgence qu’impose l’érosion de la biodiversité nous rassemble. Les solutions pour son maintien se trouvent dans la diversité des compétences et des disciplines. Après une révolution industrielle, nous entrons dans une révolution verte. Malheureusement les lobbies financiers minimisent encore trop souvent les impacts de leurs exploitations sur l’environnement. Le golfe du Mexique est actuellement occupé à en faire les frais. On attribue donc volontiers les catastrophes écologiques à la technologie et aux industries de tous types, qu’elles nous nourrissent, nous chauffent, nous soignent ou encore nous habillent. Pourtant aucun retour en arrière n’est possible. N’oublions pas l’aspect démographique. Nous sommes près de 6,8 milliards sur cette planète. Depuis la révolution industrielle la population mondiale a été multipliée par 7. Alors même que tous n’ont pas accès au même confort de vie, il est illusoire et dans certains cas inhumain de penser à un retour en arrière. Ne rejetons pas les techniques et les sciences car ce sont bien elles qui, intelligemment utilisées, sont à même de trouver des solutions.
 
Nous avons besoin de scientifiques compétents, entreprenants, créatifs, ouverts et surtout citoyens du monde. En tant qu’enseignants notre rà´le est majeur. C’est devant nous que se trouvent les solutions de demain. C’est de la motivation, de l’intérêt et de l’implication que nous aurons pu insuffler aux jeunes que naitront des ambitions, des volontés, des préoccupations et des intérêts pour notre monde, c’est-à -dire pour notre planète, ses équilibres, ses habitants et son fonctionnement à toutes échelles, « des nanoparticules aux continents ».
 
Je vous fais confiance !
 
Catherine Laumonier, présidente de Probio